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jeudi 13 mars 2014

Une centralité souterraine 2

Variations sur Hymne national, dernier pamphlet d'A. Hacen



Aymen Hacen et un des porteurs de lumière de ces temps de ténèbres épaisses, ne serait-ce que parce qu'il est enseignant de langue, civilisation et littérature françaises à l'École Normale Supérieure de Tunis. Encore jeune, né en 1981, il est à l'image de ce peuple tunisien dont la caractéristique première aujourd'hui est l'engagement politique. Il s'en distingue en considérant un tel militantisme indissociable avec l'enseignement; et c'est ce qui le charge d'une mission prométhéenne, la transmission de ses lumières.
Et elles sont nombreuses à commencer par un style flamboyant, une acuité politique d'avant-garde et une prolixité certaine, en faisant tout à la fois poète prosateur, essayiste, traducteur, chroniqueur et surtout pamphlétaire.
Opus premier : l'assassinat de C. Belaïd
C'est bien d'un double pamphlet qu'il s'agit avec ce livret publié aux éditions tunisiennes Nirvana. Intitulé «Hymne national. Propos sur la Tunisie, II», il est précédé d'un autre pamphlet sur l'assassinat de Chokri Belaïd titré «Chronique d'une mort annoncée».
C'est aussi un hymne d'amour à la Tunisie et les chéris de l'auteur tout autant. Il rappelle d'ailleurs qu'à la question comment guérissons-nous de l'amour de la Tunisie, Mahmoud Darouich y répond par une autre fausse question portant sur l'amour de la Tunisie qui coule en nous comme le souffle dans les poumons. Il s'agit ici d'amour vital, comme la vie qui sans l'acte d'aimer n'est que le fait de mourir.
C'est pourquoi, au-delà de l'hymne qu'il célèbre, on est amené à lire les pagines comme le véritable hymne d'aujourd'hui est celui d'aimer son prochain, le plus proche devant être le plus lointain, et ce comme on aime l'être le plus cher, ne lui vouloir que ce qu'on voudrait pour soi. Aussi serait-il temps que nos artistes, et M. Hacen en est bien un, pensent à nous en confectionner un qui soit l'hymne de la Révolution, plus centré sur la volonté du peuple, ce peuple hédoniste et altier dans une fusion avec l'altérité, pouvant être aussi celui de tous les peuples, un hymne humaniste !
Le livret est une célébration de bout en bout du peuple tunisien et de sa révolution qui fut une sortie de l'ombre pour ceux qui aiment notre pays, qui ont les larmes aux yeux quand ils regardent flotter le drapeau national, dit l'auteur.
On sent quand même meurtri le vaillant combattant face aux piteux schèmes de notre société, l'hypocrisie et les mensonges qui sont les siens. Je ne sais si, dans les accès de pessimisme auxquels il se laisse parfois aller, il penserait comme moi que s'il y a mensonge, il est bien la preuve qu'il y a nécessité de la vérité. Or, y aurait-il nécessité de vérité sans une irrésistibilité du mensonge ? La première nécessité est salutaire, la seconde inéluctabilité est exutoire en notre temps humain de l'hypocrisie.
Je ne me serais pas ainsi allé à la réflexion si l'opus de notre ami Hacen n'y invitait fermement, truffé de considérations philosophiques et placé sous l'exhortation d'Ovide Vade liber : Va, mon livre ! 
Certes, au cœur grand comme l'horizon de son pays, Hacen dédicace ce livre voyageur à tous ses amis, mais le premier de ses amis est certainement son lecteur. À mon meilleur ami, dit-il de l'un d'eux, poète de nos nuits noires, ami indéfectible et prolétaire somptueux des heures de combat et de la reconstruction en cours et encore à venir. S'il distingue ainsi cet ami, précise-t-il, c'est pour l'espoir qu'il n'a cessé de souffler dans ses poumons et dans ceux des siens qui se battent. Ainsi parle Hacen et en ami parmi d'autres,  je lui réponds qu'il n'est d'illusion que pour qui ne croit pas assez à la vie; car le réel peut être invisible, le possible est delà le réel, bien au-delà de l'utopie.  C'est quand il est gangrène que le mal est éradiqué à la racine; c'est bien dans l'humus que réside l'humain.
Ces amis, A. Hacen avoue qu'ils lui apprennent à chaque instant qu'il n'est point de merci pour l'amour. Que c'est bien dit ! L'inspiration appelant une autre, ne doit-on pas aussi affirmer que comme il n'est de merci pour l'amour, il n'est assurément pas de pourquoi pour la beauté, l'autre face de l'amour, car sans beauté il n'est d'amour, et on est beau quand on est aimé. Aimons-nous les uns les autres donc, et on enlèvera la hideur qui est en nos cœurs. Cala, Hacen ne le dit pas, mais on ne peut que le lire entre les lignes malgré les quelques colères et excès auxquels il se laisse aller pour cause d'amertumes encore vivaces. 
Nous n'avons connu que des révolutions vaincues ou des révolutions trahies, regrette-t-il; les premières gardent nos illusions, les secondes notre désespoir. Toutefois, en allant jusqu'au bout de son pamphlet qui se lit comme on boit un verre d'eau rafraîchissante un jour de canicule, on se surprend à demander à l'auteur si une révolution est jamais vaincue, si elle n'est pas qu'une bataille perdue dans une guerre qui continue.
Dans ce dialogue inévitable avec son lecteur, nombre de figures interviennent, sollicitées par l'auteur, comme quand il cite Jacques Derrida et celui qui courait mort. Cela ne manque pas de rappeler au lecteur averti le saint continuant de marcher la tête tranchée ou encore un miracle similaire sur terre arabe avec le poète Robin des bois de notre culture; avec la foi, le miracle n'est-il pas vérité ?
Si l'humaniste qui lit Hacen a quelque gêne parfois, c'est qu'il lit un pamphlet qui est forcément excessif, comme quand le poète verse dans le travers qu'il dénonce. Les poètes n'ont-ils pas tous les droits, me rétorquerait-on? Toutefois, quelle différence aurait-on alors avec la bestialité qu'on dénonce si l'on ne se distingue pas de la bête ? Au lieu de ce terrible verdict tombant sur l'ennemi qu'il ne doit plus vivre, le poète revenu à ses muses ne dirait-il pas plus volontiers et bien plus sagement que pour lui cet ennemi ne vit plus ? Ainsi, tout aura été dit car, sauf pour un nécrophage, s'en prendrait-on à un cadavre ? N'est-on donc pas condamné à la nécessité de l'exemple à donner quand on veut le prêcher ?
Il faut reconnaître que Hacen a la dent dure contre les religieux. Il constate avec effarement, au lendemain d'une révolution profane, que la théologie, la théosophie étaient déjà là. Or, elles le seront toujours, comme le dogmatisme opposé; violence apparente et violence inapparente, pas seulement morale. Ne nous faut-il pas prendre garde à n'écrire le mot violences qu'au pluriel, tout comme terrorismes, comme dogmatismes ou intégrismes; tous des mots valises, poupées gigognes cachant sous les atours extérieurs leurs maléfices ?
Il est vrai que les turpitudes intégristes ont fait mal à l'auteur et en font encore trop; les scènes relatives au drapeau national irritent d'ailleurs tant A. Hacen qu'il s'élève véhémentement contre une telle ignominie, assurant que notre hymne, nos couleurs et nos figures nationaux ne doivent plus jamais être mis à mal ou profanés. Or, j'ai bien envie de lui rétorquer, moi qui suis sous le charme de la vivacité de son combat, ravi par l'impertinence de sa littérature, si mettre à mal, c'est être impertinent, alors, oui, il faut mettre à mal notre hymne, nos valeurs et nos figures nationales, non point par haine ou rejet, mais par amour. Car l'impertinence, c'est à la base de la liberté, de l'esprit démocratique; ensuite, c'est la meilleure façon de garder en nous vivantes nos valeurs, jamais sclérosées tant qu'elles savent être pertinentes, justement en étant impertinentes.
C'est qu'il y a par-ci, par-là des paroles qui font mal à l'humaniste, comme cette expression manichéenne du «eux et nous» qui devient trop vite chez les non-poètes «eux ou nous» et qui gagnerait à être remplacée par «nous sommes eux et eux sont nous». N'est-ce pas la vraie démocratie, celle où les âmes nobles ne versent pas dans les turpitudes des âmes déchues qui sont d'abord des âmes en peine ?
J'aime beaucoup toutefois ce qu'il dédie à la Tunisie et à ses âmes nobles, le titrant : Je m'appelle Tunisie. Oui, notre nom à tous est Tunisie, nous qui sommes ses enfants véritables, capables de nous sacrifier pour son salut. Aussi, devons-nous toujours savoir aller à la rencontre de nous-mêmes, parce que nous autres Tunisiens sommes pluriels; et ce pluralisme implique que d'aucuns soient aussi islamistes. À nous de rectifier leur conception faussée de l'islam, d'être les démocraties qu'ils ne savent pas être, conditionnés et manipulés par ceux qui vomissent la démocratie et ce quitte à réinventer en Tunisie la souveraineté du peuple, en faire une nouvelle démocratie, une postdémocratie ! C'est un combat dans lequel A. Hacen a bel et bien pris une petite longueur d'avance sur ses contemporains intellectuels, sans parler des politiciens totalement à la remorque d'une pensée occidentale saturée.
Opus second : hymne national 
Ce sont des mots de la solitude que nous révèle en feu follet le style incandescent de notre poète; la solitude n'est-elle pas le propre des intellectuels organiques, étant d'abord une organicité, cette terre et ce sol de nos racines, une «sol-itude» ? Cependant, comme toute solitude dont le poids est parfois trop lourd à supporter, la facilité guette et menace toute révolution menacée elle-même de verser dans l'élitisme qui est, au mieux, une soi-disant solitude et au pire, ce mépris d'autrui qui court nos rues.
À raison, Hacen — qui pratique le plus clair de son temps la vraie solitude — cite Diogène et affirme qu'au sud de la Méditerranée, il cherche un homme libre et solitaire. Assurément, il ne me contredirait pas si je dis que, de même, on chercherait en vain un révolutionnaire parmi nos foules en effervescence. On n'en trouvera certainement pas car un homme libre n'est jamais solitaire, au sens classique; il est donc solitaire dans la graphie susmentionnée, au sens de l'organicité; aussi n'est-il n'est jamais plus seul, mais il est foule, légion. C'est le démon de la Bible; c'est aussi le démon arabe, pluriel et singulier à la fois.
Au vrai, le comble de la démission de l'esprit révolutionnaire c'est quand la révolution est dans tous les esprits et que les prétendus révolutionnaires ne la voient pas. C'est qu'elle n'a pas les caractères connus, étant une révolution sur soi d'abord. Ce travail personnel qui est la clef des révolutions véritables, l'auteur en est conscient, même s'il reste encore au niveau de l'interrogation à ce niveau de la réflexion. N'est-ce pas le meilleur stade pour fortifier une action qui porte loin et qui dure ?
Une telle réflexion finira par nous permettre de nous libérer de facilités du genre de ces péchés mignons de M. Hacen, comme quand il assure que certains sont si fleur bleue qu'ils vont la fleur au fusil à la rescousse de tout être en difficulté. Une réflexion encore plus mûrie à l'ombre de sa solitude organique lui permettra certainement de se rendre compte de cette contradiction ontologique qui fait qu'une fleur n'est plus jamais fleur si elle est au fusil !
Ces contradictions ne sont toutefois que de celles qui enrichissent, donnant leur saveur à l'effort et à l'humanité de celui qui s'exprime, qu'on sent ainsi forcément un être de chair et d'os, où parts d'ombre et de lumière se marient merveilleusement, donnant le plus beau spectacle d'une nature humaine qu'ennoblissent la générosité et des valeurs universelles. Ainsi nous parle-t-il des tenanciers de l'ordre moral comme de bordels; et je rajouterais qu'au moins, le plaisir est au rendez-vous dans les seconds, même s'il est tarifé et ainsi vicié.
Il nous gratifie aussi de cette belle pensée de Cioran, cueillie dans ses Cahiers : Si le mot noblesse a un sens, il ne saurait désigner que le contentement à mourir pour une cause perdue. Là encore, le pessimisme d'Aymen Hacen l'emporte, cessant d'être ce qu'il est par ailleurs, un optimisme raisonné. Car la noblesse n'a de sens que par le refus de mourir pour une cause jamais perdue, puisqu'on ne meurt pas quand on survit dans le souvenir des vivants. Ainsi, aucune cause juste n'est perdue; elle devient tout juste muette dans l'attente de retrouver la parole avec le juste de voix et de voie qui ne tarde jamais d'apparaître.
Se référant à Gramsci, il nous parle également de ces parasites plus maléfiques que quiconque parce qu'ils sont la tyrannie et la dictature incarnées, magnifiant la valeur de l'écriture pour s'y opposer. Assurément, l'écriture en tant que style aide à être ce stylet que son étymologie donne à dire une époque, mais elle n'est pas seule, car on ne lit plus et ce qu'on publie ne représente que l'opinion publiée, non point l'opinion publique. Ne faut-il pas le diable pour avoir l'ange ? Et puis, le maléfice ne peut-il pas relever de quelque enchantement ? Du moins, c'est la conviction d'un compagnon de route, lecteur ravi de la prose et de la poésie si vivantes de notre penseur. C'est sa pensée, celle qui est immatérielle, dans toutes les têtes, qui marque au-delà de tout le reste, les paroles n'étant que vaines et éphémères, les écrits ne restant pas, même les plus glorieux. Ce qui compte, c'est la pensée qu'elle soit parlée ou écrite, ces ondes électromagnétiques faisant communiquer les cerveaux éveillés.
Ici réside un autre péché mignon de l'auteur encore incapable dans sa jeunesse enthousiaste de lire la subversion de la force tranquille, cette centralité souterraine qui travaille en silence le tréfonds du peuple et qui finit en geyser. Ainsi avoue-t-il sa difficulté aujourd'hui de croire à l'espérance d'un monde réconcilié, supputant le rôle de l'Occident en aspect occulte, la cause implicite dans ce supposé échec. Ce faisant, il oublie que cet Occident est en décadence depuis bien longtemps comme l'était la dictature déchue; or, celle-ci est bien tombée, ne résistant pas à la volonté du peuple voulant vivre. L'Occident y a aidé, agissant comme un ballon jetant du lest pour contrecarrer sa chute; mais un ballon finit entre les pieds des enfants qui ont envie de jouer.
Pour cela, Aymen Hacen est sur la bonne voie, reproduisant une citation de Gilbert Gesbron qui pourrait à la fois illustrer et défendre ses propos sur la Tunisie : Le pamphlet est l'arme de ceux qui ont découvert l'erreur, pas encore la vérité. Comme il le dit lui-même, il a cherché dans son pamphlet à accompagner l'enthousiasme  de la jeunesse tunisienne assoiffée de liberté, de justice et d'avenir. Il lui suffit de continuer cet accompagnement qui ne finit jamais, et surtout ne pas mettre cette faim dont il est bien conscient dans un lit de Procuste, car sinon elle est une fin, une enclosure dogmatique.
En effet, on est à un moment majeur où l'histoire est en train de basculer d'un paradigme fini vers un autre en gestation; les étoiles qui brillent encore sur nos scènes du cirque politique ne sont que des astres déjà morts depuis longtemps; ce ne sont pas pareils débris qui illumineront le futur des brillantes générations d'aujourd'hui, illuminées par leurs propres lumières incandescentes. Hacen le dit, d'ailleurs : la chute des régimes corrompus, népotiques et dictatoriaux était à la fois un exploit et une nécessité historique. La troïka, dont le bilan a été désastreux pour le pays — comme a tenu à le montrer l'auteur ­—, aurait bien pu réussir si elle était vraiment ce que les soi-disant démocrates prétendaient : un pari sur l'intelligence, un effort sérieux et sincère pour revitaliser la démocratie. Elle ne fut qu'une voracité de tous pour le pouvoir; et l'intelligence de la jeunesse tunisienne se chargera seule de refaire son monde.
Parlant de ce pari sur l'avenir, on ne peut pas ne pas signaler un des péchés mignons de notre ami et non des moindres qui est ce tropisme si facile aujourd'hui concernant l'œuvre de Bourguiba et son ère. Il parle de nos acquis et il est bien évident qu'il s'agit ici d'un raccourci qui peut devenir coupable même s'il est vrai que le borgne est toujours roi au royaume des aveugles. On a effectivement assez démontré que le ver intégriste a été placé dans le fruit tunisien par la gestion manichéenne de Bourguiba, et surtout par le régime autoritaire qu'il a imposé à une Tunisie qui était disposée au pluralisme. Les intégristes qui squattent le pouvoir de nos jours n'ont fait que cultiver la mauvaise herbe qui a poussé du temps de Bourguiba qui a ainsi semé le premier la graine de l'autoritarisme alors qu'il pouvait instaurer la démocratie en Tunisie. Cette vérité, A. Hacen ne la remarque pas.
Ce qu'il ne remarque pas non plus, c'est qu'en postmodernité, les valeurs de la modernité défunte sont vidées de sens, comme la citoyenneté, érigée en idole comme le font les intégristes pour le sacré. Hacen affirme que son combat est un combat citoyen avant toute chose, précisément un combat pour la citoyenneté. Je me permets de lui dire amicalement qu'un tel propos ne porte plus auprès de nos masses, car il s'agit d'une notion saturée, trop connotée valeurs formelles. Elle ne fait que nourrir un sacré profane, une religion civile. Parler plutôt de communauté de désirs, de communions émotionnelles et d'élections affectives ferait plus sens dans les têtes en cette ère des sens exacerbés et de tribalisme à tout va.    
Pour finir, et à la question qui lui a été posée à quelles valeurs se fier pour faire face à la mé-foi intégriste religieuse, quel amour contre leur haine, je me permettrais de répondre à la place de l'ami Aymen Hacen qu'il ne s'agit surtout pas d'opposer un autre intégrisme, profane cette fois-ci, mais juste l'amour, en s'adonnant à une culture des sentiments les plus nobles en l'être humain.
Aymen Hacen, Hymne national. Propos sur la Tunisie, II. Précédé de L'assassinat de Chokri Belaïd. «Chronique d'une mort annoncée», Éditions Nirvana, Tunis, 80 pages, février 2014.