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lundi 27 janvier 2014

Une aire de civilisation 4

La belle au bois dormant et la bête immonde : un conte de la Nouvelle Tunisie
 

En ce moment de réjouissances qui seront forcément éphémères, comme toutes choses de la vie, adonnons-nous un moment à l'euphorie en laissant la bride à l'imagination nous réciter ce qui pourrait être le conte inédit de la Tunisie Nouvelle. 
On prête rarement attention à ce que nos contes d'enfance recèlent de leçons pour les adultes; ils sont autant d'apologues pour une saine compréhension des choses, même s'il faut souvent en ajuster la compréhension première avec ce que l'expérience de l'âge adulte permet. C'est le rôle de l'imagination quand elle est employée à bon escient.
Il en va ainsi des contes de la belle au bois dormant et de celui de la belle et la bête, imbriqués ici en un seul conte qui serait celui de la Tunisie Nouvelle.
Disons tout de suite que l'imagination permet aujourd'hui de faire de la bête assoupie cet Occident anesthésié par ses acquis passés dans un conformisme coupable trempant assez vite dans l'arrogance la plus détestable au nom d'un rationalisme devenu dogmatique, loin de la vraie science.
Disons aussi que la bête serait l'islamisme trop vite vilipendé, assez caricaturalement étendu à l'islam dont le message originel est réduit à l'exploitation qu'en ont faite et font ses adeptes. Aussi est-il aujourd'hui pour certains la bête immonde.
Or, les contes de nos primes années d'innocence nous permettent de savoir que toute bête en apparence, fût-elle abominable, recèle des sentiments qu'il nous faut cultiver pour en tirer le meilleur. Aussi y trouverait-on un cœur d'homme qui se révèle être aimant, affectueux et noble. Ils nous rappellent aussi que la belle endormie peut toujours être réveillée par un prince charmant toujours attendu, même si tarde sa venue.
Et si ce charmant prince n'était pas encore sorti de sa peau de bête, venant malgré tout réveiller la belle dans sa bestialité apparente, sachant que son propre salut est fonction du réveil de la belle, car seule en mesure de lui rendre son humaine nature ?
Et si la belle était capable de ne pas avoir peur de cette bête, allant au-delà de l'apparence, regardant son cœur palpiter d'amour peur elle et d'une humanité certaine que manifeste sa passion, un filtre nécessaire à la fois pour sortir d'une apparence trompeuse : celles de la mort et de la peau de bête ?
Telle est la situation actuelle de l'Occident à nos portes : une belle en son bois enchanteur, devenu une prison qui est non seulement mortifère pour l'imagination créatrice, mais aussi criminogène pour quiconque continue à s'abreuver de rêves pour survivre en allant hanter ses parages, tenter d'y entrer.
Telle est la situation aussi d'un islam révélé comme une véritable révolution mentale, se distinguant des messages précédents par son humanisme et sa spiritualité, mais qui a été transformé par les siens en culte des ténèbres.
On sait toutefois qu'il peut y avoir un soleil en plein minuit, comme on sait que la mort apparente qu'est le sommeil est toujours réparatrice lorsqu'elle est constellée de rêves. Il suffit qu'au réveil ces rêves soient transformés en réalité. Pour cela, il faut croire pouvoir le faire en osant aller au-delà de l'utopie.
Aujourd'hui, la Tunisie donne au monde et à elle-même la preuve de ce qu'elle peut faire grâce à son génie propre. Certes, la constitution qu'elle vient d'adopter est loin d'être parfaite; d'ailleurs, elle est bien plus saluée à l'extérieur qu'à l'intérieur, car on sait pertinemment pouvoir faire bien plus. Mais elle reste globalement positive, un bon pas dans la bonne direction. À condition que ce pas soit suivi d'autres, toujours dans le bon sens.
Pour ce faire, la Tunisie a le plus grand besoin de ses partenaires, car elle a la lucidité de connaître son rang dans le monde. Or, s'il est bien minime, conforme à sa petite taille, elle le tient dignement, la valeur n'attendant pas le nombre des années ni n'étant liée à la taille ou au savoir théorique.
Aujourd'hui, la Tunisie a besoin que ses partenaires d'Occident ­— dont elle sait lié au sein son propre sort — de prendre sérieusement le risque de tabler sur sa capacité novatrice à réussir une démocratie effective qui soit un réel plus à la démocratie occidentale essoufflée. Elle attend que l'on salue à juste titre ce qu'elle vient de réaliser de grandiose pour le pérenniser, et ce en articulant sa démocratie naissante à un système démocratique avéré.
Il est évident que la démocratie ne naît pas d'un coup de baguette magique; qu'un texte constitutionnel, fût-il le plus novateur et révolutionnaire, ne vaut que par l'usage qu'on en fait. Or, un tel usage est fonction d'un système performant dans un État de droit effectif en mesure d'influer sur les habitudes et les mentalités récalcitrantes d'abus et de passe-droits. Ainsi seulement fera-t-on de ce groupement humain qu'est la Tunisie une société véritable de droits.
Tout comme pour un petit venant au monde dans une famille, la démocratie tunisienne a besoin du soutien des adultes de la famille démocratique; et il ne doit pas se limite à la nourriture. C'est de toute une éducation que la démocratie naissante a besoin — parfaitement comme le petit d'homme  — auprès des grandes démocraties qui l'entourent, ses parents putatifs inévitables.
Alors, les puissances démocratiques ne doivent pas faillir à la mission d'éducation démocratique qui leur incombe. C'est le devoir de l'Occident d'arrêter d'user de langue de bois et de biais qui sont autant de subterfuges commodes, et de finir par transformer ses slogans creux en une bonne volonté tangible.
Qu'il intègre donc formellement la Tunisie à son système démocratique pour l'arrimer solidement au meilleur régime politique qui soit disponible ! Que l'Europe, horizon incontournable pour la Tunisie, prenne l'initiative de proposer l'adhésion de la Tunisie à son union !
Alors, le conte inédit que vit la Tunisie aujourd'hui durera, car il donnera naissance à la plus belle féerie politique qui soit en Méditerranée et dans le monde, aidant à transformer une pensée politique sclérosée. D'autant que celle-ci verse désormais dans ce que l'histoire contemporaine des hommes a produit de plus immonde, un holocauste moderne en pleine Méditerranée.
Ainsi concrétisera-t-on le paradigme nouveau en train de se mettre en place sous nos yeux, et dont on pourrait anticiper l'occurrence en osant abandonner un paradigme déjà fini qui, s'il continue à luire, ne le fait que telles ces étoiles lointaines dans le ciel de la nuit qui, tôt ou tard, prendra fin.
Publié sur Leaders