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dimanche 19 janvier 2014

Ar(t)chéologie i-slam-ique 3

La loi du talion est une résilience de la tradition sémitique en islam




Les débats sur la constitution ont révélé un attachement à la peine de mort au nom de la loi du talion qui serait consacrée par l'islam. Le plus surprenant est que cela venait après que les députés aient consacré le droit sacré à la vie. Nous avons ainsi assisté de la part des députés islamistes à une attitude aberrante s'opposant à l'esprit révolutionnaire de l'islam au nom d'une loi du talion dont la religion est bien innocente de sa fausse interprétation.
L'islam a sur la question une position fort claire, n'ayant gardé la loi du talion que comme une survivance des révélations précédentes, mais destinée à disparaître grâce à l'évolution de la société et à la faveur des appels insistants et répétés au pardon et à l'effort maximal sur soi.
L'attitude de nos députés islamistes n'a fait que rendre compte à quel point de résilience atteint la tradition sémitique dans l'islam qui est justement venu la rectifier et en atténuer les excès par un effort de rationalisation.
Nombreuses sont, en effet, les manifestations de la survivance des traditions de la loi religieuse et des mœurs populaires judéo-chrétiennes en islam. Or, en tant que sceau des révélations, ce dernier est venu authentifier, mais aussi compléter et rectifier les déclinaisons précédentes du message unique divin qui est la révélation abrahamique.
La spécificité de l'islam est justement d'avoir renforcé la tendance, déjà initiée par le christianisme, d'universalité de la foi et de clémence et de miséricorde divines éminentes. Et il y a rajouté une touche rationaliste ainsi qu'une congruence avec le réel, manifestée par une progressivité qui est considérée aujourd'hui comme étant le véritable sens du progressisme.
C'est ainsi que nombre de lois anciennes issues de l'Ancien ou du Nouveau Testament n'ont pas été brutalement abrogées par une religion qui a préféré indiquer aux croyants la voie vers leur lent et inexorable abandon grâce à la raison dont il les a dotés et qu'il appelle d'en faire usage. Car le musulman est censé être tout d'abord un croyant qui a non seulement la foi, mais aussi une raison pour ne pas agir comme un automate. C'est en cela que la foi islamique est une foi scientifique, la raison y étant sensible, nullement dogmatique.
À titre d'exemple, l'islam n'a pas interdit la servitude, mais en a initié le processus. Il en est allé de même pour nombre d'autres questions où sa progressivité était une rationalité : la part moindre d'héritage pour la femme qui n'en avait point et devant finir par être logiquement égale à celle de l'homme; le nombre d'épouses limité à quatre, tout en conseillant une seule dans une indication de ce que la raison humaine finira par imposer d'elle-même en application de l'esprit de la religion et ses visées
Il en va de même pour la loi du talion qui n'a été maintenue en l'état qu'avec nombre de limitations et d'appels au pardon et à la clémence. C'est pour cela que l'islam a instauré l'effort, le fameux jihad, qui a commencé par être petit, destiné à l'instauration de son nouvel ordre, une révolution d'abord mentale. Puis, une fois la religion installée, gagnant les cœurs, il a fortement insisté sur la nécessité de l'effort maximal, le jihad akbar, qui annule et remplace le petit jihad.
Un pareil effort continu contre soi de la part du croyant, combattant ses pulsions et penchants pour être toujours meilleur, est ce qui compte le plus en islam. Comme l'émigration — la hijra — qui a pris fin avec la victoire de l'islam, le jihad mineur a aussi pris fin, laissant la place au Jihad maximal, plus dur et méritant la plus grande rétribution.
Aussi, dans les cas imposant la loi du talion, c'est au jihad akbar que le musulman est appelé afin de dominer sa tendance naturelle à la vengeance et découvrir en lui les motifs impérieux, non pas nécessairement pour pardonner, mais en vue d'aider celui qui a fauté, au point de mériter la peine capitale, à se réformer et retrouver la voie de Dieu.
Et c'est grâce à la spiritualité de l'islam que pareille réforme de soi pourrait se faire. Car l'islam est une quête de la justice, certes, mais aussi de la réforme de soi et des autres, en les aidant à prendre conscience de leurs défauts et à chercher constamment à se purifier.
Voilà pourquoi la loi du talion, si elle n'a pas été abrogée en islam par le texte, peut l'être du fait de l'esprit de l'islam et de ses visées. C'est pourquoi cela que nous avons soutenu que l'abolition de la peine de mort n'est pas contraire à l'islam et que c'est son maintien qui est bien une violation de l'islam dans ce qui fait son essence : son message d'amour et son invitation à se perfectionner indéfiniment.
Or, sans le savoir, les musulmans intégristes ne font que se conformer en ce domaine comme dans d'autres à ce qui est résilient dans l'islam de la tradition sémitique judéo-chrétienne, non point à l'esprit original et humaniste de l'islam.
J'ai déjà évoqué ici le droit à l'apostasie en islam qui est bien attesté aussi bien dans le Coran que de par la Tradition avérée du prophète. J'ai également évoqué l'homosexualité, nullement condamnée par notre religion, n'étant qu'une manifestation particulière de la nature humaine que l'islam prend soin de respecter dans sa conception valorisant l'être humain en tant qu'entité libre qui n'est soumise qu'à son créateur.
Dans toutes ces questions et bien d'autres, le message de l'islam tel qu'il n'a pas été compris par les intégristes, est un message de liberté et de tolérance, tout rigorisme en l'objet, même s'il a pu marquer par les jurisconsultes influencés par la tradition judéo-chrétienne, est contraire sinon à la lettre du Coran et de la Sunna, du moins à leur esprit et à leurs visées. En la matière, ce ne sont que les soufis qui ont bien saisi l'esprit véritable de l'islam.