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ISLAM POSTMODERNE








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jeudi 3 mai 2012

Un monde postmoderne 4

L'élection française vue de la Tunisie postrévolutionnaire ou la postmodernité à reculons 
Si les sondages ne se trompent pas, le candidat socialiste sera dimanche soir au pouvoir en une France en mal de sa postmodernité, y avançant à reculons, comme il sera détaillé ci-après.
Dans l'immédiat, je rappellerai que j'ai appelé dans un précédent article à voter pour F. Hollande toutes les forces postmodernes françaises afin de faire en sorte que la France cesse de ne montrer qu'une seule facette de sa postmodernité, sa face sombre, en renouant avec son autre face plus belle à voir.
Je m'explique. Le professeur Maffesoli, parlant du président sortant Nicolas Sarkozy, l'a qualifié d'oxymore sur pattes, pointant par cette expression ce qu'il voyait en lui comme caractéristiques constituant un condensé de l'homme politique en postmodernité : ses contradictions flagrantes, ses valeurs flottantes et son ego démesuré l'amenant à brûler sous la pression des intérêts ce qu'il adorait depuis peu.
Or, si tout cela fait effectivement partie de la postmodernité, c'en est juste la face sombre qui, comme avec Janus, va de pair avec une autre, forcément bien plus éclairée. Celle-ci est faite d'empathie avec la détresse, d'hospitalité pour l'étranger et de tolérance sans limites dans le cadre d'une loi de fraternité relevant d'un ordre amoureux à venir.
Le hic, et que la France (sociologiquement parlant, cela s'entend), sans être totalement opposée au sens de l'histoire ainsi qu'il s'impose à elle comme à toute société, doute parfois de ses valeurs bien qu'elles soient incrustées en elle. Et elle a besoin qu'on les lui rappelle de temps en temps, surtout en période de crise, synonyme de pertes de repères.
Car ces valeurs sont bien incarnées par des hommes qui font l'honneur de ce pays, des hommes de gauche et du centre, bien sûr, mais pas seulement, s'y ajoutant tous les républicains de droite que nous voyons se désolidariser de Sarkozy emporté par sa danse du ventre pour plaire aux électeurs de la droite extrême, ces salafistes de la France.
Or, aujourd'hui, le porte-drapeau de cette France éternelle est François Hollande. Voter pour lui, c'est amener la France à reprendre à l'endroit son cheminement en postmodernité et rejoindre alors le nouveau parcours anthropologique de l'humanité de demain.
Et rappelons que ce parcours est aussi en cours en Tunisie post-coup du peuple n'en déplaise à tous ceux qui s'arrêtent à l'écume des événements, ne distinguant pas la centralité souterraine en train d'affleurer à la surface de la société tunisienne. Car la Tunisie, avec ses soubresauts, son effervescence populaire  et ses tribus est bel et bien entrée en postmodernité. J'y reviendrais plus en détail dans une future contribution même si j'en ai évoqué déjà quelques aspects dans d'autres articles dont celui consacré à la relecture de  l'actuel et du quotidien tunisiens (Cf. Pour une politique compréhensive : Réflexions sur l'imaginaire de l'actuel et du quotidien tunisiens). 
Mais en quoi l'élection française intéresse-t-elle la Tunisie postrévolutionnaire? N'oublions pas, tout d'abord, que le sort des nations, notamment dans le bassin méditerranéen, est intimement lié, bien plus que sur le pur plan économique, l'élément politique et humain étant primordial, conditionnant le reste. Disons ensuite que le saut qualitatif réalisé par la Tunisie dans sa nouvelle modernité politique ne saurait se stabiliser sans réel soutien extérieur, moins en termes financiers que d'actes à haute teneur politique et surtout symbolique dont les retombées économiques, consubstantielles, ne seront ni absentes ni  négligeables.
Je m'explique. La révolution tunisienne a imposé un fait : la maturité politique de son peuple et son entrée en postmodernité. Ce processus venant de la base populaire reste fragile tant que le sommet de l'Etat ne concrétise pas les revendications légitimes des masses populaires en termes de dignité, de libertés  et de justice. Or, il est indéniable que le faire est de nature à renforcer encore plus la puissance populaire au détriment du pouvoir institué quels que soient ses titulaires. Et quand on sait que le parti dominant actuellement a un arrière-plan idéologique qu'il veut imposer à une société maniant avec talent l'art de l'esquive, on comprend pourquoi il ne fait qu'épouser les dogmes du prestige de l'État des autorités qui l'ont précédé et ce au détriment de l'honneur du peuple qu'il est censé incarner.
C'est pourquoi, pour prendre juste un exemple, le ministre des Affaires étrangères n'ose pas faire du principe de la demande de levée pour la circulation du Tunisien, comme je l'y ai invité, un axe majeur de la diplomatie tunisienne, ne serait-ce que pour amener la question à être posée devant les instances européennes et susciter le débat. Car les arguments qu'on oppose en Europe aujourd'hui à la libre circulation des Tunisiens sont fallacieux, un château de cartes qui tombera à la moindre bouffée d'air venant d'une démarche officielle tunisienne au nom des exigences du peuple.
Cela, le chef de notre diplomatie n'ose pas le faire, car il contrarie la stratégie de son parti voulant phagocyter à petit feu la liberté actuelle des mœurs du Tunisien en le maintenant enfermé dans ses frontières, car quelle meilleure façon de cultiver le discours rigoriste que de diaboliser l'étranger dont on ne sait rien sinon à travers les caricatures des prédicateurs et qu'on a toute latitude pour dénoncer à loisir son arrogance du fait de sa politique migratoire aberrante? Et l'armée des prédicateurs peut alors venir à la queue leu leu  prêcher un islam rétrograde en terrain à conquérir d'autant plus qu'il se présente comme une réserve fermée !
L'Europe doit comprendre enfin qu'il y va de son propre intérêt de ne pas laisser la jeunesse tunisienne au piège des intégristes; aussi, reconnaître son droit à la circulation ne sera-t-il pas seulement l'admission de sa maturité politique, mais aussi une contribution nécessaire au combat des justes de la société en termes d'ouverture aux jeunes d'horizons de libertés et de tolérance insoupçonnés pour continuer leur action en vue d'un islam postmoderne, fraternel, ouvert et humaniste.
Car cela ne saurait réussir dans une Tunisie aux frontières cadenassées où les jeunes tunisiens ne cesseront pas d'être une proie facile aux prédateurs au discours de haine, harcelés comme ils sont par une propagande de plus en plus  agressive qui nourrit la fallacieuse ambition de convertir un peuple considéré comme impie juste du fait  de son attachement à sa liberté et à son désir irrépressible de vivre.
Or ces moralisateurs outranciers ne manquent pas d'instrumenter à leurs fins l'incapacité de la jeunesse tunisienne à circuler librement et d'avoir des bouffées d'air de rechange quand le courant de la liberté manque d'être étouffé chez elle,  n'hésitant pas à profiter de son sentiment de dignité blessée pour semer en elle leurs mauvaises graines de rejet de l'autre, cet autre européen qui la rejette déjà.
Voilà pourquoi l'arrivée à la tête de la France d'un homme ouvert aux valeurs des droits de l'Homme pourrait contrecarrer, en Tunisie, les visées idéologiques prônant un islam rétrograde, car il serait susceptible de soutenir les efforts du peuple tunisien  auprès des instances européennes pour s'attaquer au tabou du visa.
Il n'agira alors qu'en conformité à ses valeurs pour peu que nos dirigeants osent se souvenir des leurs et de celles de leur peuple en les mettant en proue de la politique étrangère du pays.
Alors, les uns et les autres ne feront qu'assumer la postmodernité de laquelle nous relevons tous désormais.